Gehry, le BIM et le MIT

Vous avez peut-être entendu parlé du BIM, un acronyme anglais pour Building Information Modeling, ou Modélisation de Données Architecturales. Les éditeurs de logiciels, au premier chef Autodesk, se sont emparés de ce terme pour mettre en avant leurs nouvelles offres de produits entièrement 3D, qui fonctionnent par assemblage d’objets métiers (poutre, porte, mur, etc.) plutôt qu’en traçant des lignes sur un papier virtuel.

A première vue, le concept est particulièrement séduisant : chaque acteur du projet va collaborer à une maquette virtuelle, un peu à l’image de ce que les industriels de l’automobile ou de l’aéronautique font depuis longtemps ; celà amènera à un niveau de qualité et d’économie jamais vu sur les projets. Dans les faits, c’est bien sûr plus difficile de convaincre toute une filière de modifier ses méthodes. En effet, même si l’on veut bien croire que le bilan final du coût sera neutre, il sera probablement inégalement réparti : beaucoup plus d’études en amont (chez la maîtrise d’oeuvre), pour un bénéfice plutôt en bout de chaîne (chez les entreprises). Ce n’est pas pour rien que la construction virtuelle est l’un des sujets de recherche et développement chez Bouygues.

Stat Center du MIT
MIT Stata Center © 2006 juandesant

Et surtout, on s’aperçoit que la réalité à encore la tête dure, en constatant les mésaventures de Franck Gehry, l’un des plus farouches partisans du BIM (à tel point qu’il a monté une filiale pour distribuer une version dédiée à l’architecture de Catia) : il est assigné en justice par son client le prestigieux Massachussets Institute of Technology pour des malfaçons sur un ouvrage dont Gehry Technologies se sert pour vanter les mérites du BIM et des outils de conception virtuelle !

Sic transit gloria mundi !

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